02/11/2003

Les derniers mots du lion du Panshir ..

«Une fois la négociation acceptée par les talibans, nous avons décidé d'installer un gouvernement provisoire (...) qui devra reposer sur des bases élargies et comprendre toutes les ethnies et régions de l'Afghanistan».
 
Ces propos sont publiés le vendredi de la semaine du 25 avril 2003 par le magazine Le Point et sont ceux du commandant Ahmed Shah Massoud.
 
Dans un entretien accordée à l'hebdomadaire à la veille de son assassinat, le défunt chef de l'Alliance du Nord avait fait part de sa volonté de mettre sur pied un régime pluriethnique, avec une Constitution proche du système suisse et un gouvernement provisoire, annonciateur d'élections libres. «À l'avenir, ce sera notre peuple qui décidera du choix de ses dirigeants», affirmait-il.
 
A propos de l'influence féminine au sein d'un nouveau gouvernement, Massoud admettait qu'«à cause des conditions particulières et des traditions qui peuvent exister dans un pays, il faut un très long combat pour que l'on puisse avancer d'un pas afin de réaliser l'égalité des droits.»
 
«Nous ne pouvons pas parcourir en une seule nuit le chemin que l'Europe a franchi en plusieurs siècles sur ce sujet. En revanche, dans les limites de notre capacité, nous devons avancer vers les droits des femmes, et cela est notre irrévocable décision», précisait-il.
 
A propos des "camps de la mort" islamistes :
«Nous nous sommes mis d'accord pour ne plus jamais permettre à aucun groupe d'utiliser l'Afghanistan comme base terroriste et nous ne permettrons plus jamais à aucun individu étranger d'utiliser notre pays à des fins terroristes», assénait-il avec force.
 
Plus de six mois après sa visite en France, le chef du Front uni anti-talibans évoquait son espoir que «la France, qui a été tout au long de l'Histoire un État toujours défenseur des droits de l'Homme et des droits des femmes, prenne ses responsabilités face au problème afghan et prenne aussi conscience de la véritable nature du régime taliban, hostile aux droits de l'Homme et aux droits des femmes.» Seul Alain Madelin, rescapé de l'inhumation de la Droite opéré par la machine UMP appelait la France à soutenir activement Massoud.
 
«Si la politique française était plus active face aux talibans et à leurs alliés, les Pakistanais, ce serait peut-être mieux...», continuait-il.

14:54 Écrit par La Fronde | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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